Les peintures et teintures ne peuvent pas être utilisées sur la céramique. Pour durcir, l’argile doit être cuite à très haute température, généralement au-delà de 850 °C. À ces températures, les peintures brûleraient complètement. Les céramistes utilisent donc des glaçures, des mélanges à base de minéraux qui fondent à la cuisson et forment une surface vitrifiée. Elles permettent d’ajouter de la couleur, de la texture et de protéger la pièce.
De quoi sont faites les glaçures ?
Les glaçures sont composées de quelques ingrédients de base qui, ensemble, forment un verre coloré à la surface de la céramique.
La silice crée le verre. Les fondants permettent à ce verre de fondre à une température atteignable en cuisson. L’alumine stabilise la glaçure et l’empêche de couler. Enfin, les oxydes métalliques donnent la couleur. En variant les ingrédients et leurs proportions, on peut obtenir une infinité de teintes.
Pourquoi est-ce si complexe de créer des glaçures ?
Contrairement à la peinture, il n’existe pas de recette universelle pour prévoir le résultat final d’une glaçure. La couleur ne se révèle qu’après la cuisson. Elle dépend de nombreux facteurs, comme la composition de la glaçure, le type d’argile utilisé et les conditions de cuisson dans le four.
Les céramistes développent donc leurs couleurs par essais et erreurs, en faisant de nombreux tests et en s’appuyant sur l’expérience. Cette recherche peut prendre des années, parfois toute une carrière, et fait partie intégrante de leur démarche artistique.
Comment les glaçures sont-elles appliquées ?
Les glaçures sont le plus souvent mélangées à de l’eau pour obtenir un liquide. Elles peuvent être appliquées de différentes façons : en trempant la pièce, au pinceau ou en la vaporisant.
Certaines techniques décoratives utilisent aussi des surglaçures, appliquées à différentes étapes du processus et parfois lors d’une cuisson supplémentaire à basse température. Ces méthodes permettent d’obtenir des détails très fins, comme des lignes délicates ou des décors précis, comme le fait Yukari Hazama Iverson.
D’autres effets sont créés en introduisant des matériaux directement dans le four, comme le sel, la soude ou les cendres de bois. Ces techniques donnent des surfaces plus spontanées et organiques, souvent impossibles à reproduire à l’identique.
Est-ce que toutes les pièces doivent avoir une glaçure ?
Non, pas nécessairement.
Certaines argiles, comme le grès et la porcelaine, deviennent naturellement vitrifiées et étanches lorsqu’elles sont cuites à haute température. Elles peuvent donc contenir des liquides sans glaçure.
D’autres, comme la faïence et les terres cuites, restent poreuses après la cuisson. Les pièces utilitaires en faïence et en terre cuite doivent alors être glaçurées pour pouvoir être utilisées au quotidien.
Et les glaçures commerciales ?
Oui, il existe des glaçures prêtes à l’emploi qui donnent des résultats constants et prévisibles. Cela dit, développer ses propres glaçures offre beaucoup plus de liberté et permet d’obtenir des résultats vraiment uniques.
On retrouve cette approche dans les pièces des artistes présentés chez Houmain, où chaque objet est façonné par la matière, l'intensité de la chaleur et le geste.
